Rencontre Poutine/Macron: vers un réchauffement des relations franco-russes?

          Placée sous les auspices du tsar Pierre le Grand, la visite du Président de la Fédération de Russie en France, au château de Versailles le 29 mai, a célébré symboliquement le tricentenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la Russie. Visionnaire, le tsar fondateur de Saint-Pétersbourg, ville chère au cœur de Vladimir Poutine, ouvrait résolument la Russie à l’Europe afin de permettre sa modernisation. L’Histoire et la Culture ont situé opportunément la relation franco-russe dans le temps long.

      Conscient que les enjeux internationaux actuels ne pourront se régler sans la Russie, le Président Macron, bénéficiant dès sa prise de fonctions d’un calendrier international favorable avec les sommets de l’Otan et du G7, avait souhaité rencontrer rapidement Vladimir Poutine. Pour sa part, le Président de la Fédération de Russie, dans son message de félicitations au nouveau Président, a estimé essentiel que les deux chefs d’Etat parviennent à surmonter leur « méfiance mutuelle » et à « unir leurs forces » dans « une période » qu’il a qualifiée de « difficile pour le monde ».En agissant ensemble et de manière constructive, Vladimir Poutine estime que Paris et Moscou répondront aux « intérêts fondamentaux » des deux nations.

      Début 2017, le Président Macron avait exprimé le souhait d’établir un « dialogue souverain » avec la Russie, « sans oublier que la France ne partageait pas les mêmes valeurs ». Ayant exprimé la volonté que notre nation retrouve une ligne « gaullo-mitterrandienne », le Président a profité de son état de grâce pour la mettre en œuvre immédiatement à travers un dialogue « exigeant et sans concession ».

  •               Un dessein politique commun           

                Si la priorité est le règlement des crises actuelles- Ukraine et Syrie, et une coopération renforcée contre le terrorisme-, la ligne gaullo – mitterrandienne suppose une vision, un dessein politique commun. Le nouveau Président a une opportunité historique pour « arrimer » la Russie à l’Europe : Donald Trump, favorable durant sa campagne à des relations normalisées avec la Russie, s’est heurté au complexe militaro-industriel américain ; de son côté, le Président Poutine a besoin d’une levée des sanctions et de sortir son pays de l’isolement-symbolisé par l’absence de la Russie au sommet de l’Otan et au G7- avant l’élection présidentielle de 2018.

         Ayant fait d’une Union européenne renforcée l’axe majeur de sa politique, Emmanuel Macron devrait prendre l’initiative d’un partenariat stratégique entre l’Union européenne et la Russie, afin de réaliser-enfin !- « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » du Général de Gaulle, « la maison commune européenne » de Mikhaïl Gorbatchev, « la Confédération européenne » de François Mitterrand, voire « l’Europe de Lisbonne à Vladivostok » de Vladimir Poutine.

Forum de Davos 2017

 

            La 47ème édition du Forum de Davos s’est achevée le jour de l’investiture de Donald Trump comme 45ème Président des Etats-Unis. Tout un symbole ! L’ombre du grand absent pour cause de transition du pouvoir à Washington, fut omniprésente. Xi Jinping, Premier Président chinois à se rendre à Davos, a stratégiquement repris le flambeau de la mondialisation et du libre-échange face à une Amérique isolationniste et protectionniste. Si l’exercice, facile devant des patrons acquis au libéralisme, – car « défendre le libéralisme à Davos revient à défendre la monarchie sous les ors du Château de Versailles »*– il n’en fut pas moins particulièrement habile à l’heure où « l’élite planétaire » est interpellée par une crise de confiance sans précédent vis-à-vis de la globalisation.

            Le WEF 2017 est illustré par 7 glissements tectoniques:

  1. L’entrée du monde dans une nouvelle ère : la Chine revendique légitimement une gouvernance mondiale plus représentative. Mais, profitant du repli sur eux-mêmes des Etats-Unis, aura-t-elle l’ambition de devenir une puissance hégémonique ?
  2. Le « procès de la globalisation » au royaume du libre-échange : l’élection de Donald Trump, le Brexit, le creusement des inégalités, une crise migratoire sans précédent, et en conséquence, la montée des populismes, ont plongé les participants au Forum dans une introspection de la mondialisation. Reconnue responsable de certains déséquilibres, elle ne fut cependant pas rendue coupable de tous les maux. S’achemine-t-on toutefois vers la fin de la mondialisation à l’anglo-saxonne ?
  3. Une seule certitude : un niveau d’incertitude maximal sur les plans géopolitique, politique et économique, qui rend difficiles les pronostics.
  4. Une Union européenne symbolisée par l’incarnation de son délitement. La seule représentante de premier plan est le Premier Ministre britannique, Theresa May, qui a prôné un « Brexit hard » et une « Global Britain ».La succession d’élections en 2017 dans deux grands pays- l’Allemagne et la France- et aux Pays- Bas, en République tchèque, ainsi que le référendum italien, ne placent pas l’Union européenne en capacité d’initiative à un moment stratégique ;
  5. S’achemine-t-on vers une balkanisation du monde entre plusieurs pôles ?
  6. Une Russie relativement « effacée » à Davos, optimiste sur la résilience de son économie mais pessimiste sur une amélioration de ses relations extérieures
  7. La IVème Révolution industrielle

        Pour Klaus Schwab, Fondateur et Président exécutif du Forum de Davosles responsables politiques doivent reconnaître la frustration croissante et le mécontentement des exclus du développement économique et du progrès social. Ils doivent s’engager en faveur d’un développement inclusif et d’une croissance équitable, à la fois aux niveaux national et international.

 

 *Isabelle Chaperon- Le Monde du 22-23 janvier 2017

Pour plus d’informations, cf les 4 articles sur le Forum de Davos 2017 [Rubrique économie]

 

 

 

13ème Meeting du Club de Valdaï

 

          «  The Future in Progress : Shaping the World of Tomorrow ”

      Est le thème du 13ème Meeting annuel du Club de Valdaï, qui s’est tenu fin octobre 2016 à Sotchi. Le monde étant entré dans une nouvelle ère, caractérisée par une carte géopolitique de plus en plus complexe et des pays à la stabilité fragilisée, les intervenants  ont esquissé une vision politique du futur du monde . Ils ont  traité de problématiques fondamentales :

  1. L’Ordre du Monde : comment surmonter les tensions résultant du glissement des centres globaux de la puissance ?
  2. Démocratie 2.0 : comment venir à bout de l’incapacité des systèmes démocratiques à maîtriser le rythme des changements radicaux contemporains ?
  3. Du Moyen-Orient à l’Asie centrale : arc d’instabilité ou espace pour une action commune ?La crise syrienne s’est transformée en arène de conflit par procuration et en espace de gestation d’un nouvel agenda mondial. L’avenir de cette énorme région – où instabilité et menace terroriste sont critiques pour toute l’Eurasie, et spécialement pour l’Asie centrale, – dépend du « Grand Jeu » des puissances les plus influentes.
  4. Le monde après  ou avant une énorme vague d’immigration?
  5. L’économie mondiale : nouvelle globalisation ou nouveau protectionnisme ?                    Bien que les Etats restent inter-dépendants, de nouvelles formes beaucoup plus sophistiquées de protectionnisme ont émergé.
  6. Europe : échec du projet européen ?                                                                                             En dépit de son poids économique, l’influence de l’Europe décline, comparé à celle, traditionnellement prépondérante des Etats-Unis, et à celles de l’Asie et de la Russie qui augmentent. Quel rôle jouera l’Europe dans le futur ? Agira-t-elle comme un centre mondial indépendant et l’extrémité occidentale de la « Greater Eurasia » ou comme une partie de l’« American World » ? Comment se développeront les relations Russie-UE dans le futur ?

       Le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a participé  à chaque réunion annuelle du Club de Valdaï depuis sa création.A un participant qui s’étonnait, non sans une certaine admiration, qu’il soit le seul dirigeant de la planète à consacrer autant de temps à des échanges aussi approfondis avec des personnalités du monde entier,  souvent critiques sur son action et sa politique extérieure, Vladimir Poutine a expliqué qu’il poursuivait deux objectifs. Le premier est d’écouter les points de vue de gens intelligents et compétents; le second est, à travers eux, d’expliciter  et de faire connaître les positions de la Russie au  monde.

        On ne peut que déplorer que l’Occident n’adopte pas la même posture en ne relayant pas suffisamment des événements aussi importants, et, au lieu d’écouter attentivement quand « la Russie parle au Monde », continue à véhiculer toujours les mêmes clichés.

     Ce que la Russie dit au monde aujourd’hui se retrouve dans les 4 messages clés du Président russe:

          ♦ au lieu de brandir des menaces imaginaires comme « la menace militaire russe »,    prétexte notamment à l’élargissement de l’Otan, organisation clairement périmée, l’Occident a failli à traiter des  problèmes cruciaux, comme la menace terroriste;

          ♦ la Russie n’a pas l’intention d’envahir quiconque mais compte bien défendre ses intérêts nationaux, comme le fait toute puissance sérieuse;

          ♦ après la fin des conflits, il faudra lancer un Plan Marshall pour le Moyen-Orient;

          ♦ le rapprochement avec les pays asiatiques n’est pas temporaire et tactique, à cause du coup de froid dans les relations avec l’Occident. C’est une stratégie de long terme qui répond aux intérêts économiques, régionaux et géopolitiques de la Russie.

Pour plus d’informations:13ème Meeting du Club de Valdaï  http://unepassionrusse.fr/politique-etrangere/13eme-meeting-du-club-de-valdai/

Adresse à la Douma

        41d5200b3d6d3d8a11bd-300x200C’est traditionnellement du somptueux Hall Saint-Georges du Kremlin que le Président de la Fédération de Russie délivre l’Adresse Présidentielle à la Douma d’Etat. Cet exercice est l’occasion de dresser un bilan de l’année écoulée et de tracer des perspectives d’avenir. Principalement consacrée à la politique économique du pays, l’Adresse du 1er décembre 2016 a également été l’opportunité pour le Président Poutine de réaffirmer les grands axes de sa politique étrangère.

       LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA FEDERATION DE RUSSIE

         1- Les relations avec les Etats-Unis

          Vladimir Poutine rétorque aux accusations de hacking. Pour lui, les Démocrates, qui ont perdu sur tous les fronts -l’élection présidentielle et les deux Chambres au Congrès- essaient de faire porter la responsabilité de leurs échecs sur des facteurs extérieurs. Cela révèle une crise du système politique américain, qu’il qualifie d’archaïque avec une élection à deux niveaux-les électeurs et les grands électeurs-qui avantage les Etats. Il fait remarquer que le plus important est l’information révélée par les hackers au public. Ils ont en premier lieu démontré comment l’opinion publique avait été manipulée par le Parti Démocrate contre le candidat Sanders. La  démission de la Présidente du Comité National du Parti Démocrate est la preuve de la véracité de l’information.

         Ce sont les Etats-Unis  qui ont relancé la course aux armements en se retirant du Traité sur les Missiles anti – balistiques [ABM] et en prévenant qu’ils construiraient un parapluie nucléaire, rappelle le Président russe. A partir de cette décision, soit l’autre partie construit le même parapluie nucléaire, ce qui ne nous a pas semblé nécessaire car nous sommes sceptiques sur l’efficacité de ce programme, soit elle améliore son propre système de missiles de défense, ce que nous avons effectué avec succès. Nous avons modernisé notre triade nucléaire de Missiles Stratégiques et nos Forces Armées.   Nous avons répondu à un défi et ce, dans le strict respect de nos accords, y compris Start III. Mais nous n’avons pas l’intention de nous impliquer dans une course aux armements en dépensant plus que ce que nous pouvons assumer.

      La Fédération de Russie est plus forte que n’importe quel agresseur potentiel grâce aux efforts réalisés pour moderniser les Forces Armées, à la fois conventionnelles et nucléaires, mais aussi de par  son histoire et sa géographie.

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L’exposition de l’impossible sur la mythique collection Chtchoukine

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            La Fondation Louis Vuitton présente l’exposition : « Icônes de l’Art moderne. La collection Chtchoukine », du 22 octobre 2016 au 20 février 2017.Elle constitue l’événement le plus marquant de « L’Année Franco-russe 2016-2017 du tourisme culturel ».La collection est inséparable de la personnalité du collectionneur. Elle est une œuvre d’art à part entière.

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            Non seulement c’est une exposition mythique mais c’est une exposition « juste ».En effet, comme l’explique Anne Baldassari, Commissaire de l’exposition : « Depuis sa dispersion en 1948, elle n’a jamais été réunie comme une entité artistique singulière et cohérente ». Pendant plus d’un demi- siècle, le nom de Chtchoukine a été effacé de la Mémoire de son pays. Une telle exposition était jusque-là jugée impossible. Il aura fallu toute la détermination de la Fondation Louis Vuitton pour rendre hommage à l’un des plus grands collectionneurs du XXème siècle, Sergueï Chtchoukine.

Reconstitution d'une pièce du palais Chtchoukine

Reconstitution d’une pièce du palais Chtchoukine

Pourtant c’est grâce à ce mécène que le Musée de l’Ermitage possède l’une des plus riches collections d’impressionnistes, de Matisse et de Picasso, et que la Russie a donné naiss066364-000-a_1834145-1476100793859ance à des artistes aussi novateurs que Kandinsky et Malevitch.

      A la Belle Epoque, période d’amitié et d’échanges culturels franco-russes intenses, le  richissime Sergueï Chtchoukine visitait avec passion les galeries et les ateliers de la capitale. Il a constitué entre 1898 et 1914 une collection de peintures modernes absolument mythique, considérée comme la plus importante du monde en matière d’art moderne. En achetant leurs toiles en grand nombre, son rôle fut crucial dans les carrières des peintres d’avant-garde pour l’époque, comme Matisse et Picasso.071790-000-a_1870843

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Selon le FMI la Russie sort de la récession

            Dans ses Perspectives de l’Economie mondiale d’octobre 2016, le FMI prévoit une accélération de la croissance mondiale dans les années à venir grâce aux pays émergents et en développement, alors que les tensions politiques ont maintenant fait des pays avancés un imffoyer d’incertitude important.

            La Russie, comme le Brésil, se rapprochent d’une sortie de la récession.

            La croissance mondiale devrait tomber à 3,1% en 2016 avant de remonter à 3,4% en 2017.La prévision, révisée à la baisse de 0,1 point pour 2016 et 2017 par rapport à avril dernier, s’explique par une dégradation des perspectives pour les pays avancés à la suite du Brexit et par une croissance plus faible aux USA. En effet, l’atténuation des pressions à la baisse sur l’activité dans des pays qui se trouvaient en récession en 2016, tels que le Brésil, le Nigéria et la Russie, devrait plus que compenser le ralentissement continu de la croissance en Chine. Les anticipations d’une baisse des taux d’intérêt dans les pays avancés font revenir les capitaux vers les pays émergents.

            La récente hausse des prix des produits de base devrait atténuer en partie la pression subie par les pays exportateurs de ces produits. Après avoir atteint leur plus bas niveau depuis 10 ans en janvier 2016, les prix du pétrole ont augmenté de 50% pour atteindre 45$ en août, principalement à cause d’interruptions involontaires de la production qui ont équilibré le marché pétrolier.

            En Russie l’économie semble se stabiliser tandis qu’elle s’ajuste au double choc des prix du pétrole et des sanctions. Le rouble s’est apprécié grâce au redressement des prix des produits de base et la Banque centrale a abaissé son taux directeur. Comme les tensions inflationnistes demeurent contenues, l’assouplissement de la politique monétaire devrait se poursuivre pour contribuer à l’ajustement. Les conditions financières s’assouplissent à la suite de la consolidation des volants de fonds propres des banques par des fonds publics. La hausse des recettes tirées des exportations de pétrole soulage l’économie russe, où le déclin du PIB cette année (0,8%) devrait être plus limité que prévu dans les PEM d’avril 2016.Néanmoins, les perspectives de croissance de la Russie pour 2017 et au-delà restent modestes du fait des obstacles structurels de longue date et de l’impact des sanctions sur la productivité et l’investissement. La légère amélioration des perspectives de la Russie devrait stimuler l’activité dans la région.

            Malgré un ralentissement, le taux de croissance de l’économie chinoise -6%-, reste plus élevé que celui de la plupart des autres pays émergents. Le rééquilibrage de la Chine vers une économie axée davantage sur la consommation et les services pourrait être plus difficile que prévu. Cette transition aura des répercussions sur les autres pays émergents, en particulier les pays exportateurs de produits de base, par un recours moindre à des investissements à forte intensité d’importations et de ressources.

            Le FMI souligne la nature encore faible et précaire de la reprise mondiale ainsi que les risques auxquels elle est confrontée.

Forum de Vladivostok 2016

 

   « Le futur de l’Extrême-Orient est inséparable du futur de la Russie »

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            La 2ème édition du Forum économique oriental s’est déroulée début septembre à Vladivostok, en présence du Premier Ministre japonais, M. Shinzo Abe, et de la Présidente de la Corée du sud, Mme Park Geun-Hye sur le thème « Ouvrir l’Extrême-Orient de la Russie ». « Isolée », la Russie a accueilli 3 000 participants, les représentants de 35 gouvernements et environ 500 entreprises du monde entier. Se réjouissant, dans son allocution d’ouverture, de « l’intérêt grandissant des cercles politiques et des milieux d’affaires de la région Pacifique », le Président Poutine a souligné que la stratégie de développement de l’Extrême-Orient- l’une des priorités nationales -était fondée sur l’ouverture la plus large possible à la coopération internationale. Le maître du Kremlin sollicite les investisseurs internationaux, en se targuant de réels changements et de résultats significatifs en 2015, en particulier une croissance de la production industrielle supérieure à 5% alors qu’elle stagne à 0,3% dans le reste de la Russie, et des investissements de 15 milliards de dollars finançant la réalisation de 300 projets.

          Le Chef de l’Etat russe a été convaincant puisque plus de 200 contrats ont été signés pour un montant de 1 700 milliards de roubles [environ 25 milliards€].

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L’UE prolonge les sanctions contre la Russie

 

L’Union européenne a formellement prolongé de six mois, vendredi 1er juillet, ses sanctions économiques contre la Russie jusqu’au 31 janvier 2017.

La décision était attendue, après le feu vert donné par les Ambassadeurs des 28 pays de l’Union le 21 juin, les dirigeants européens réclamant davantage de progrès dans la mise en œuvre des accords de Minsk. Leur prolongation témoigne de la « poursuite par Bruxelles de sa politique à courte vue« ,a immédiatement regretté le ministère russe des Affaires étrangères.

Le Président ukrainien,Petro Prorochenko, a « exprimé sa gratitude aux dirigeants de l’UE » pour leur « soutien et solidarité sans faille avec l’Ukraine« . »Ceci doit forcer la Russie à appliquer les accords de Minsk et cesser son occupation de la Crimée« .

L’UE et les Etats-Unis ont imposé des sanctions à Moscou dans les secteurs de la défense, de l’énergie et des finances en juillet 2014 pour protester contre l’annexion de la Crimée et le soutien de la Russie aux séparatistes de l’est de l’Ukraine. La Russie avait riposté aux sanctions économiques de l’UE par un embargo sur les importations agro-alimentaires de l’ UE, qui vient d’être prolongé par le Président Poutine jusqu’à fin 2017.

Vladimir Poutine s’était pourtant dit prêt, mi-juin, à faire « un pas » en direction des Européens, mais le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait douché les espoirs d’une levée rapide des sanctions de l’UE, en l’absence d’avancées concrètes dans l’application des accords de Minsk. Moscou et Kiev se rejettent la responsabilité du blocage. L’UE a demandé aux dirigeants allemand et français une évaluation approfondie pour l’automne prochain.

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Privatisation réussie pour Alrosa

L’Etat russe a retiré 737 millions€ de la cession de 10,9% de sa participation dans le capital du 1er producteur mondial de diamants, la compagnie Alrosa.

La privatisation du producteur géant Alrosa,prévue par le décret gouvernemental du 20 juin 2012,représente la première cession d’actifs publics du plan de privatisation 2014-2016 du

extrait de l'article de L'Agefi du 07/07/2016

extrait de l’article de L’Agefi du 07/07/2016

gouvernement, destiné à renflouer les finances publiques, lesquelles se sont sérieusement détériorées avec la baisse du prix du pétrole. L’opération a été un succès, malgré le Brexit et le régime des sanctions. En Bourse, la valeur du groupe avait progressé de 24% depuis le début de l’année, grâce au rebond du marché du diamant. L’Etat russe compte utiliser les fonds tirés de l’opération pour ses dépenses budgétaires et s’est engagé à ne pas les dépenser pour une activité soumise à sanctions.

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L’arrivée des brigades russes en France le 20 avril 1916

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            Un siècle après l’arrivée des brigades russes en terre de France sous l’acclamation des Marseillais, aucune grande cérémonie n’a été prévue pour leur rendre hommage. 8000 Russes décédés au cours de la 1ère Guerre mondiale sont enterrés dans l’Hexagone. Plus de 900 d’entre eux reposent dans la nécropole de Saint-Hilaire-le-Grand, dans la Marne.

            Le 20 avril 1916, les premiers soldats du corps expéditionnaire russe débarquaient à Marseille. Deux navires, le Latouche-Tréville et l’Himalaya arrivaient au port avec, à leur bord, plusieurs milliers de soldats russes. Le quotidien le Temps rapporte le message du Général Joffre, commandant en chef des armées françaises : « Notre fidèle alliée la Russie, dont les armées combattent déjà l’Allemagne, l’Autriche et la Turquie, a voulu donner à la France un gage nouveau de son amitié, une preuve plus éclatante encore de son dévouement à la cause commune ».

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